Les drones et l'industrie : Une analyse des façons dont les drones changent le monde - avec Drone Delivery Canada

Transcription

Shaheen :
Bonjour à tous. Merci de vous joindre à nous pour notre série de webinaires préenregistrés de la Journée de la sécurité des drones. La Journée de la sécurité des drones a pour but de promouvoir les pratiques sécuritaires en matière de drones et d’explorer les façons épatantes et innovantes dont les drones sont utilisés dans tout le pays.

Je m’appelle Shaheen Chohan et je suis analyste politique travaillant au sein du groupe de travail sur les systèmes d’aéronefs télépilotés ou les drones à Transports Canada.

Transports Canada est le ministère du gouvernement fédéral qui est chargé de réglementer les transports et d’élaborer les politiques et programmes en matière de transports, y compris ceux relatifs aux drones.

Je suis accompagné de Mark Wienenberg, vice-président des affaires réglementaires chez Drone Delivery Canada, un fabricant commun spécialisé dans la logistique et la livraison.

Bonjour Mark, merci de vous joindre à nous.

Mark :
Merci de m’avoir invité.

Shaheen :
Je suppose que nous allons commencer par en apprendre un peu plus sur Drone Delivery Canada ou les opérations liées aux drones de Drone Delivery Canada et sur comment vous utilisez les drones dans vos opérations?

Mark :
De Drone Delivery Canada, nous utilisons des drones pour apporter des solutions logistiques aux zones qui sont soit mal desservies, soit auxquelles on n’a pas encore pensé en ce qui concerne la livraison de biens et de services. Il peut s’agir soit d’un avantage pour la société, en livrant des médicaments, en fournissant des choses de ce genre, en desservant des communautés mal desservies, soit d’un avantage sur le plan commercial, en permettant de livrer un produit plus rapidement à un client.

Shaheen :
On dirait que vous avez un tas de cas d’utilisation et d’applications différentes.

Mark :
Effectivement.

Shaheen :
Depuis combien de temps utilisez-vous des drones à ces différentes fins?

Mark :
Drone Delivery Canada utilise des drones depuis 2014 à des fins diverses, mais depuis, nous avons franchi des étapes clés dans les activités de notre entreprise, notamment le développement de notre système breveté de gestion de vol, à savoir le système de bout en bout pour les logiciels et le matériel qui suit essentiellement la maintenance des aéronefs, les livraisons de colis, la planification des vols, la météo, tout ce qui est nécessaire du début à la fin d’un vol de drone.

Cela a pris quelques années, mais ce système a été mis au point. Nous avons également travaillé sur le développement de trois différents systèmes d’aéronefs télépilotés utilisés en fonction du cas d’utilisation de la mission que nous examinons, et enfin, ces dernières années, nous avons participé au programme d’essai de Transports Canada au-delà de la visibilité directe et nous travaillons maintenant à la commercialisation, que nous avons commencée plus tôt en 2019.

Shaheen :
Vous avez mentionné que vous avez développé trois types de drones différents. Utilisez-vous ces drones dans vos opérations ou utilisez-vous également des drones supplémentaires?

Mark :
Ce sont les trois principaux drones que nous utilisons, nous en avons donc trois qui fonctionnent actuellement ou qui sont en cours de développement pour être utilisés à l’avenir.

Le premier est le Sparrow. C’est un drone d’environ 25 kilos, qui transporte environ cinq kilos de marchandises et peut parcourir une trentaine de kilomètres.

Ensuite, il y a notre Robin XL, qui est à la fois un drone multirotor et un drone à voilure fixe; il transporte environ 11 kilos et peut parcourir environ 60 kilomètres.

Notre troisième modèle et probablement le plus exaltant est notre Condor, qui est un hélicoptère converti. Il aura la capacité de transporter environ 180 kilos sur une distance d’environ 200 kilomètres, ce qui va vraiment changer la donne pour les communautés du Nord et les communautés isolées.

Shaheen :
Vous avez mentionné toutes les différentes façons dont les drones peuvent être utilisés. Quel est donc l’avantage d’utiliser un drone par rapport à d’autres technologies?

Mark :
Il y a plusieurs avantages selon le cas d’utilisation que nous examinons. L’un des plus importantes est qu’ils peuvent être moins chers, si l’on considère un cas d’utilisation tel que celui de Moosonee, que nous avons essayé l’année dernière.

Ils utilisent actuellement un hélicoptère piloté pour transporter des colis, même des personnes de Moosonee à l’île Moose Factory.

Cet hélicoptère coûte 1 800 dollars l’heure, qu’il transporte un colis de cinq livres ou 300 livres de fret. Alors qu’il est évidemment plus économique de disposer d’une solution évolutive composée d’aéronefs de différentes tailles et de différentes capacités. Nous pouvons le faire pour une fraction du prix.

De plus, d’un point de vue environnemental, certains de nos systèmes ne sont alimentés que par des batteries, donc c’est évidemment mieux pour l’environnement. Il y a aussi une certaine capacité non seulement en termes de ce que nous pouvons faire, mais aussi où nous pouvons le faire. Si nous avons des petites cliniques et des petits endroits dans les communautés du Nord qui n’ont actuellement aucune capacité pour les capacités logistiques traditionnelles, alors nous pouvons fournir certains de ces services.

Si vous habitez à Moosonee, vous ne pouvez pas commander sur Amazon Prime, il n’y a tout simplement aucun moyen d’envoyer le colis là-bas et c’est quelque chose que nous prenons tous pour acquis aujourd’hui : il suffit d’aller en ligne, de commander sur Amazon Prime et cela apparaît en deux jours.

Les problèmes logistiques de ces régions sont tels que les services de base que nous considérons comme acquis ne sont pas disponibles. C’est donc là que d’autres drones peuvent intervenir et fournir certaines de ces solutions.

Si nous regardons le Canada, nous avons fait une petite étude et il y a plus d’un millier de communautés qui pourraient tirer profit de ce type de technologie.

Shaheen :
Puisqu’il s’agit de la Journée de la sécurité des drones, qu’est-ce que la sécurité des drones signifie pour Drone Delivery Canada?

Mark :
La sécurité des drones, je pense que l’essentiel, c’est vraiment le moyen par lequel nous voyons le résultat final et le potentiel final de l’aviation sans pilote.

Cela joue un rôle essentiel dans chaque partie de l’organisation et dans les opérations liées aux drones, qu’il s’agisse du montage, de l’exploitation ou de l’entretien. L’entreprise doit avoir une culture de la sécurité bien enracinée, car sans cela, la réalisation ne correspondra pas aux besoins de l’autorité de réglementation, car il est évident que la responsabilité de l’autorité de réglementation est de veiller à ce que la sécurité soit maintenue.

Donc, du point de vue de Drone Delivery Canada, nous avons développé un système de gestion de la sécurité que les gens de l’aviation comprennent que c’est ce que doit être un système de gestion de la sécurité.

C’est un processus circulaire qui consiste à déterminer quel était le problème, à en trouver les causes, à trouver des solutions, à mettre en œuvre ces solutions, à continuer à le faire et à le faire quotidiennement, non seulement pour les choses qui se sont produites mais aussi pour celles qui pourraient se produire, et donc, du point de vue de la sécurité, cela doit être enraciné chez tout le monde.

Cette partie de l’exploitation et la direction de l’entreprise doivent être partisans de la sécurité et celle-ci doit passer avant tout le reste, avant les affaires, avant les essais, la sécurité doit être la clé de voûte qui fait que tout fonctionne.

Shaheen :
Oui, la sécurité est super importante.

Pourriez-vous parler un peu des mesures que vous avez prises pour assurer la sécurité pour vos pilotes, mais aussi pour les personnes au sol?

Mark :
Là encore, l’un de nos grands processus est notre système de gestion de la sécurité, qui est spécifiquement conçu pour les risques potentiels ou réels et leur détermination.

Mais nous avons mis en place des processus; du point de vue des pilotes, il y a tout un programme de formation que nous appelons l’université de Drone Delivery Canada, où ils viennent pour suivre littéralement trois jours d’école et de formation.

Cela va au-delà du certificat de pilote exigé par Transports Canada sur le manuel des opérations de vol de la société, nos procédures opérationnelles normalisées, notre liste de vérification et toutes ces activités.

La formation joue un grand rôle, nous avons des manuels comme je l’ai dit et des listes de vérification de ce côté-là, ainsi que du côté de l’entretien, parce que pas seulement ceux qui exploitent l’aéronef, les pilotes et les agents d’entretien suivent les mêmes processus à chaque fois afin que nous puissions assurer la sécurité.

Je pense donc que nous avons élaboré un ensemble assez complet de politiques, de pratiques et de formations pour garantir la sécurité de nos opérations.

Shaheen :
Drone Delivery Canada a-t-elle lancé des programmes particuliers de sensibilisation du public afin de promouvoir la transparence et d’accroître la confiance?

Mark :
Comme je l’ai mentionné un peu plus tôt, lorsque nous nous rendons dans un nouveau lieu, l’un de nos principaux objectifs est de sensibiliser, qu’il s’agisse des exploitants d’aéroport ou des exploitants aériens locaux, des compagnies aériennes, des hélicoptères, etc. Il s’agit aussi des communautés.

Je vais prendre un exemple : nous sommes allés à Moosonee, nous avons fait une exposition à l’école, nous avons suscité l’intérêt des élèves.

Une partie de notre modèle d’affaires est qu’une fois que nous aurons établi les dépôts de drone a et b, ces deux dépôts, nous aurons en fait des personnes locales qui seront formées par Drone Delivery Canada pour être les manutentionnaires, les personnes qui chargeront la cargaison, etc., feront quelques-uns des travaux de base au sol en mettant les batteries dans la cargaison, des choses comme ça.

Je pense que oui, de notre point de vue, il est important de mobiliser la communauté, d’instaurer cette confiance, de savoir que ses besoins et préoccupations sont pris en compte; évidemment, nous avons entendu ou vous avez peut-être entendu que la protection de la vie privée a tendance à être une grande préoccupation.

Pour nous, c’est moins un problème, parce que nous n’avons pas de caméras à bord, nous ne prenons pas de photos de qui que ce soit, c’est juste du fret, mais vous devez établir ce niveau de confiance dans la communauté pour que les gens comprennent, bon, il s’agit d’apporter des médicaments à l’hôpital ou de fournir ce bien public, est-ce que nous acceptons le bruit et les itinéraires de vol pour ce bien public?

Il y a eu un exemple de scénario à Moosonee où, et c’était avant d’avoir notre opération là-bas, où un jeune enfant a en fait perdu la vie, parce qu’ils n’ont pas pu faire venir un médicament précis sur l’île à cause du mauvais temps. Alors que la communauté pourrait être plus réceptive, ou je dirais serait même plus réceptive, en sachant qu’il existe d’autres moyens et méthodes pour le faire venir là-bas, et c’est ce que nous faisons en sensibilisant, en nous rendant dans la communauté et en constatant quels sont leurs problèmes et leurs préoccupations.

Shaheen :
La pandémie de COVID-19 a présenté des défis et des possibilités, qu’est-ce que cela a signifié pour Drone Delivery Canada? Est-ce que cela a signifié que vous avez travaillé sur des projets différents?

Mark :
Je ne dirais pas qu’il s’agit de projets différents, mais probablement avancer plus rapidement certains de nos projets prévus.

Du point de vue de l’aviation en général, la COVID a eu une incidence négative énorme, mais du point de vue des drones, nous constatons en fait le contraire, beaucoup de croissance, beaucoup de possibilités.

Nous travaillons sur quelques projets, j’ai mentionné celui de Moosonee, nous faisons actuellement des essais de vol pour nos plus gros aéronefs que nous aimerions amener à Moosonee, avec l’intention de desservir trois ou quatre des communautés qui sont à entre 100 et 180 kilomètres de Moosonee.

Fournir des biens et des services sans ce contact humain, parce que tout pourrait être chargé à un bout; l’avion va vers l’autre sans pilote à bord, donc il n’y a pas d’interaction humaine et la personne à l’autre bout peut simplement extraire la cargaison.

Shaheen :
Ce qui contribue à l’éloignement social en général?

Mark :
Sans aucun doute. 100 kilomètres, c’est une bonne distance sociale.

Il y en a deux autres que vous avez peut-être vus récemment dans les journaux, l’un à l’île Christian, dans la baie Georgienne, à quelques heures au nord de Toronto, où nous travaillons avec GlobalMedic, une organisation d’intervention d’urgence.

Il y en a aussi un que nous examinons à l’île Georgina, au lac Simcoe, et ces deux communautés sont des communautés des Premières Nations insulaires où, évidemment, la préoccupation de la propagation de la COVID est importante, parce que beaucoup de ces communautés n’ont pas les infrastructures médicales que nous verrions dans les grandes villes. Ainsi, moins d’exposition signifie moins de probabilité, moins de risque d’attraper quelque chose, moins d’incidence sur leurs services médicaux.

Nous envisageons de faire des livraisons avec notre Sparrow, c’est-à-dire le plus petit modèle, des livraisons de cinq kilos dans les deux sens.

Actuellement, ils utilisent des traversiers et des véhicules pour effectuer certaines de ces opérations, mais si nous pouvons réduire le nombre de traversées en traversier, cela réduit évidemment les risques. Donc quelques projets liés à la COVID, qui pourraient concerner des prélèvements médicaux, des trousses de test, des fournitures médicales, des équipements médicaux, etc. Nous cherchons à les fournir à ces deux communautés et, comme je l’ai mentionné plus tôt, d’ici la fin du troisième trimestre, nous espérons que les deux seront opérationnels au-delà des capacités de visibilité directe.

Shaheen :
Cela semble passionnant.

Mark :
C’est le cas.

On dirait bien que les drones sont la voie de l’avenir. Comment, selon Drone Delivery Canada, les drones vont-ils changer le visage de la logistique et de la livraison?

Je pense que cela va avoir une incidence énorme si nous pensons à aujourd’hui, tout ce qui est touché par la chaîne d’approvisionnement d’une manière ou d’une autre pourrait avoir le potentiel d’avoir des drones exploités dans cette chaîne d’approvisionnement.

Nous avons déjà évoqué des cas médicaux; parlons d’un scénario d’exploitation minière, où il faut faire passer une pièce d’une partie de la mine au fond du puits et en voiture cela prendra trois heures parce qu’il faut descendre la route venteuse, ces trois heures coûtent des milliards de dollars quand les machines sont en panne, ou alors vous pouvez la transporter dans un drone en cinq minutes.

Donc, il y a le domaine médical, l’exploitation minière, les complexes industriels, où ils doivent déplacer des pièces de part et d’autre, peut-être des emballages, des choses comme ça.

Il y a eu des discussions sur le transport des produits du cannabis parce que c’est un produit sûr, sur le retrait de billets de banque, des choses sécurisées, il est beaucoup moins risqué de les transporter par avion que de les transporter par des moyens traditionnels, comme les mettre à l’arrière d’une camionnette.

Il y a donc aussi des aspects de sécurité et, au bout du compte, il y aura aussi la partie concernant les produits de consommation. Comment livrer les produits de consommation aux magasins, par exemple d’un entrepôt à un magasin ou, éventuellement, dans de nombreuses années, ce modèle où l’on peut peut-être aller d’un entrepôt à la propriété d’un particulier et lui livrer les marchandises ou les articles qu’il a commandés.

En parlant de cela, ces dernières décennies, nous avons vu les villes canadiennes devenir de plus en plus encombrées, alors pensez-vous que les drones vont contribuer à améliorer la mobilité urbaine?

Shaheen :
Bien sûr, à certains égards. D’abord, il y a la possibilité de retirer d’autres modes de transport des routes, n’est-ce pas?

Mark :
Si nous faisons bien la livraison en utilisant des drones, peut-être le camion d’UPS ou le camion de FedEx ou le camion postal, je ne sais pas combien il y en a à Ottawa, mais vous pouvez imaginer qu’il y en a quelques milliers qui circulent rien qu’à Ottawa. Il est évident que le retrait de certains d’entre eux des voies de circulation facilite les choses, c’est une solution très simple.

Mais si nous commençons à réfléchir davantage aux leçons que nous tirons de l’utilisation des drones dans ce type d’environnement d’espace aérien, nous allons aborder des sujets tels que la mobilité aérienne urbaine ou les concepts avancés de mobilité aérienne.

On appelle cela des taxis volants, mais il s’agit de la mobilité des gens en dehors des autobus traditionnels, des routes et des systèmes ferroviaires, des choses comme ça. J’ai entendu dire qu’un kilomètre de route vous donne un kilomètre de route, et que cela vous coûte quand même cher, alors qu’un kilomètre d’infrastructure qui va soutenir la mobilité aérienne urbaine des drones et d’autres modes de transport va vous donner un nombre illimité de kilomètres qui vous permettent de voler pour vous rendre à différents endroits.

Je pense qu’au final, il y aura beaucoup de travail à faire pour toutes sortes de développements communautaires des parties prenantes; les organismes de réglementation, les exploitants et le public doivent être à l’aise, mais les leçons que nous tirons aujourd’hui ainsi que Transports Canada des opérations en cours vont porter leurs fruits plus tard, lorsque nous atteindrons ces niveaux de mobilité aérienne urbaine.

Shaheen :
Absolument, et vous savez que l’intégration multimodale est l’une des choses dont Transports Canada se soucie vraiment, donc c’est très logique.

Voilà qui couvre nos questions pour Drone Delivery Canada. Merci de nous avoir rejoints, c’était un plaisir de vous avoir ici.

Merci de nous avoir permis de participer aujourd’hui, je l’apprécie.

Les prochains webinaires de notre série de webinaires préenregistrés de la Journée de la sécurité des drones vous donneront un aperçu des principes de base de la sécurité des drones et exploreront les nouvelles façons épatantes et innovantes dont les drones sont utilisés partout au Canada.

N’oubliez pas de les écouter également!

Vous avez des questions sur les opérations de sécurité des drones, ou sur un autre sujet que vous avez peut-être vu ou entendu pendant nos webinaires? Suivez la conversation de Transports Canada sur Twitter, qui aura lieu le 13 novembre à 13 h. Un groupe d’experts en drones sera disponible pour répondre en direct à toutes les questions pressantes que vous pourriez avoir.

La sécurité des drones est l’affaire de tous. Pour célébrer la Journée de la sécurité des drones, dites-nous ce que la sécurité des drones signifie pour vous, partagez une photo ou un article sur vos plateformes de médias sociaux avec le mot-clic #dronesafetyday et consultez les sites Facebook, Twitter et Instagram de Transports Canada pour voir ce que la sécurité des drones signifie pour les autres Canadiens.